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La fontaine de la séparation

Kudsi Erguner
Prix : 25 €
ISBN/EAN : 9782909201283

Voyages d’un musicien soufi Texte établi par Jean-Michel Riard A partir de 1925, le tariqa, le chemin ou, comme nous l’appelons aujourd’hui, le soufisme, et toutes ses pratiques, furent interdits par la loi. Mon père, à la suite de ses ancêtres, appartenait à cette communauté. Ce petit milieu marginal constituait une véritable micro société à l’intérieur même d’Istanbul, vivant dans un strict secret. En dehors des concerts purement musicaux parfaitement licites, les autres réunions qui pouvaient avoir un caractère cérémoniel ou religieux (sama’), étaient strictement interdites. C’est ainsi qu’il était indispensable pour ces communautés de prendre certaines précautions afin de ne pas être inquiétées. […]
Je me souviens que, lors des assemblées, des membres de la confrérie se postaient à chaque bout de la rue pour faire le guet et prévenir toute intervention de la police. Mais plus encore, je me rappelle (bien qu’à l’époque je ne devais avoir guère plus de cinq ou six ans) de ces vieillards au visage lumineux, souriant et agréable, et dont les yeux paraissaient toujours humides comme s’ils venaient d’essuyer une larme à l’écoute du ney, de la récitation d’un poème ou suite à ces invocations que l’on appelle le dhikr. Cet ouvrage retrace l’itinéraire d’un musicien traditionnel turc, soufi, qui s’est établi en France. Kudsi Erguner se souvient ici de ses années d’enfance dans la communauté soufie d’Istanbul, des difficultés auxquelles elle devait faire face pour se réunir et perpétuer ses traditions. Puis, grandissant, il éprouva le prestige que la musique occidentale exerçait sur les Turcs tournés vers l’Occident.
Quand Kudsi Erguner arriva à Paris, il découvrit l’intérêt des Occidentaux pour le soufisme, notamment à la suite de l’enseignement de Gurdjieff. Il fut notamment alors l’artisan des tournées des «Derviches tourneurs », sans se départir d’un regard lucide sur les diverses formes que revêtit la propagation du soufisme.

256 pages.

Kudsi Erguner
Issu d’une famille de musiciens, Kudsi Erguner a reçu de son père, joueur de ney renommé, un enseignement complet. Il a participé à la vie de confréries soufies, et a suivi leur enseignement musical et spirituel. En 1975, Kudsi Erguner vient à Paris pour étudier l’architecture et la musicologie. Musicien, enseignant, Kudsi Erguner a également produit de nombreux disques. Il a traduit Le Mesnevi, cent cinquante contes soufis de Djalal al-din Rumi (Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes  »).